Les sites naturels

Les villages des métiers artisanaux

Le village de la fabrication des chapeaux coniques

Depuis des siècles, le nón lá est le fidèle objet lié à la vie du peuple vietnamien surtout des ruraux travaillant la terre au quotidien l’utilisant comme un précieux objet de protection contre la force du soleil et de la pluie. Au-delà de son aspect protecteur, le « non la » est intimement lié à la vie culturelle du Vietnam. Le Vietnam sans son chapeau conique, ce serait un peu le Mexique sans son sombrero ou le pays basque sans son béret !

L’image du nón lá figure même sur des objets anciens tels que les tambours de bronze de Ngoc Lu et les jarres de bronze de Dào Thinh, datant de 2500 à 3000 ans.

À l’origine, le nón lá était tissé et tressé. Ce n’est qu’au 3e siècle av. JC, quand le fer a été utilisé, que les gens ont commencé à utiliser des aiguilles pour coudre les feuilles du chapeau.

Depuis longtemps le village de Chuong est l’un des principaux villages de confection du non là même si nul ne sait à quand remonte l’apparition de ce métier dans ce village situé dans le district Thanh Oai, Hanoi.

Sa confection exige une grande minutie du début à la fin. Son armature est constituée par un cerceau de bambou polis à la main. Le chapeau a lui-même 16 cerceaux sur lesquelles les feuilles de latanier (une variété de palmier) séchées sont ficelées entre elles pour former un toit bien lisse et régulier, un chef d’oeuvre de simplicité, d’efficacité, de légèreté et d’élégance porté fièrement par de nombreux vietnamiens ! Les feuilles sont ensuite fumées avec du soufre pour qu’elles se décolorent à blanc et soient résistantes à la moisissure. Les bambous sont coupés dans le sens de la longueur pour faire des armatures, puis fumés pour résister aux termites et autres insectes xylophages.

Tout d’abord, les artisans doivent traiter les feuilles en les plaçant à plat sur une plaque de fer chaud et en les pressant avec une poignée de tissu à une température précise, afin de ne pas les brûler. Une température insuffisante ne permettra pas d’atteindre la planéité nécessaire.

La confection d’un chapeau nécessite environ 4 heures.

Plus qu’ un voyage sur mesure Vietnam, une visite d’un village, ce sera la rencontre d’une famille qui vous ouvrira ses portes et vous montrera le principe de la fabrication du nôn là. Vous percevrez sans doute l’attachement profond que les vietnamiens éprouvent envers cet objet emblématique de leur culture.

Pratique : Dans le cadre de circuits vietnam à Thai Binh Garden, le village des chapeaux coniques est le village de Binh Lang dans le district de Hung Ha. Depuis les bungalows, il est possible de s’y rendre à vélos.

Le village des métiers à tisser

 Le premier textile produit au Vietnam a été le coton, dont la culture et le tissage sont nés au Viêtnam puis ont été introduits en Chine, vers 679, par Hoang Tao Po, une chinoise qui a su tiré partie de cette précieuse fibre ! Le tissage était réalisé sur un métier en bois.

Quant au tissage de la soie, la légende attribue à Leizu, impératrice de Chine et épouse de l’empereur Huang Di (règne supposé : 2674 à 2575 av. J.-C.), l’invention de la sériciculture et l’art du tissage de la soie, ainsi que l’invention de la broderie. Elle transmit ces techniques à la population de son royaume, même si celui-ci était peu étendu. Cela n’a pas empêché au fur et à mesure de l’extension du royaume de Chine, la plupart des villages d’élever des vers à soie à l’intérieur de leurs maisons. Le savoir-faire chinois se développant, les chinois deviennent de véritables virtuoses dans le tissage de la soie qui est d’une extrême qualité. Des facteurs qui ont permis d’élever la production à un rang de production de masse et à faire de la soie pendant plus de mille ans le principal produit d’exportation de la Chine. Le voisin vietnamien en la personne de l’ambassadeur Phùng Khắc Khoan (XVIe -XVIIème siècle) rapporta du pays la technique du tissage de la soie. Le village de Vạn Phúc, près de Hà Đông, devint ainsi célèbre firent la réputation de la région en raison de la beauté des soies naturelles que ses tisserand  produisaient. Puis à partir du XIVème et XVème siècle les tisserands s’installèrent dans la périphérie de la capitale et dans ce qui deviendra la rue de la soie au sein des « 36 rues et corporations » de Hanoi (rue Hàng Đào).

Tous les peuples du Vietnam entretenant un savoir-faire ancestral qui élève au rang d’objet d’art les instruments du quotidien, il est donc normal qu’au même titre que la vannerie par exemple, le tissage de la soie soit resté un des artisanats les plus importants du Vietnam. Quand vous faites un circuit vietnam pas cher, vous avez l’occasion de visiter les villages du tissage artisanal très typique.

Au-delà du tissage de la soie le Vietnam a tout naturellement développé d’autres formes de tissage. Une parfaite illustration est le tissage pratiqué par les minorités ethniques du nord travaillant depuis toujours le chanvre ou le lin pour la confection de leurs habits.

Plus avant avec la relance de l’économie vietnamienne après les guerres de 1945 et d’Indochine et le développement d’une économie parallèle à l’agriculture, il est apparu naturel que des villages se soient mis à travailler mécaniquement les tissus, soie, coton, fibres de remplacement ou lin dans plusieurs régions. Une des régions qui a développé  les métiers à tisser est la région de Thai Binh, région qui fournit le bassin local et périphérique de Hanoi.

C’est dans cette région que vous irez à la rencontre des villageois possédant des métiers à tisser.

Pratique : Village Minh Tan, District Hung Ha, Thai Binh. Une voiture est recommandée pour y aller avec le guide d’une agence de voyage au vietnam locale.